Quelles sont les problématiques des opérateurs télécoms ?

Nous étions invités sur le plateau d'IT ESPRESSO pour échanger sur les problématiques, et solutions, que rencontrent les opérateurs télécoms du marché.

Marché concurrentiel, nouveaux horizons, sécurité des données, services annexes... Nous abordons tous les sujets.

Publié le 13/02/2017

Retranscription

Linda labidi (LL) :
Bonjour et bienvenue dans l’émission IT Interview, consacrée aujourd’hui aux problématiques des télécoms. Une évolution souvent trop rapide avec des offres trop nombreuses et complexes. Les abus sur coût et manque à gagner sont désormais devenus monnaie courante pour les opérateurs de télécom. Un secteur concurrentiel où les défis en jeu sont pourtant nombreux. De ce constat, des logiciels et outils émergent en se positionnant comme des alternatives à la demande. Alors, quelles sont les problématiques des télécoms aujourd’hui ? Quels sont les défis et enjeux à court terme ? Pour nous éclairer sur le sujet, deux intervenants, avec à ma droite, Abraham Bomer, directeur associé chez CFAST. Bonjour.

Abraham Bomer (AB) :
Bonjour

LL :
Et à ma gauche, Paul-Antoine Gerbay, chargé de développement, également chez CFAST.

Paul-Antoine Gerbay (PAG) :
Bonjour

LL :
Alors, première question : quel est l’éventail des problématiques liées aux télécoms aujourd’hui en France ?

PAG :
Les problématiques sont nombreuses. On peut, à mon sens, parler en premier de la bipolarité du marché. Je m’explique. D’une part, on a un marché hyperconcurrentiel où il y a des opérateurs télécoms qui s’adressent aux entreprises, mais il y a également de nouveaux acteurs qui vont s’adresser comme des hébergeurs, des personnes qui font du copieur, des installateurs ou des intégrateurs. On a une concentration et c’est hyperconcurrentiel, avec toujours ce mot d’ordre, proposer la facture unique, c’est vraiment le maître-mot marketing. D’autre part, malgré cette hyperconcurrence, cette guerre des prix qui en résulte, on est sur un marché qui est quand même sclérosé par des mastodontes qui possèdent le réseau et l’infrastructure. Donc, on se retrouve dans une situation où les opérateurs télécoms qui vont proposer leurs services aux entreprises vont se retrouver tout de même en concurrence avec leurs fournisseurs. Donc, ça reste un casse-tête pour le législateur et pour le régulateur.

AB :
Les opérateurs qui arrivent à tirer leur épingle du jeu sont ceux qui arrivent à faire d’une industrialisation du sur-mesure, c’est-à-dire, proposer de manière assez massive des solutions sur-mesure adaptées à chacun de leur client.

PAG :
Ça résulte également de la chute des prix. Alors, je m’explique. Aujourd’hui, on a beaucoup de services de communication unifiée qui sont proposés au grand public mais également aux entreprises. Pour prendre un exemple simple, on a aujourd’hui Messenger et WhatsApp, donc ça ne passe pas par le SMS, et donc par ce qui est facturé par l’opérateur. Donc, c’est une perte de revenus. Maintenant les opérateurs vont proposer des forfaits illimités en masse, que ce soit encore une fois en B to C ou en B to B. Et pour gagner des revenus, augmenter leur revenu moyen par utilisateur, ils ont dû se tourner vraiment vers cette société de services, proposer, accompagner des clients, et donc, suivre cette mutation qui, finalement est demandée par les entreprises.

LL :
Alors, à côté ça, certains pointent du doigt une évolution trop rapide, trop complexe, voire même avec un marché trop concurrentiel. Votre point de vue ?

AB :
Les entreprises technologiques sont de toute façon toujours en constante évolution. On va connaitre rapidement maintenant la disparition du réseau commuté téléphonique qu’on connaissait avant, et les opérateurs vont obligatoirement devoir s’adapter à ça, et migrer vers ces nouvelles technologies. Donc, on est vraiment à la croisée des chemins actuellement, avec un passé technologique qu’on doit assumer, et puis, des nouveautés qui arrivent.

LL :
Vous êtes le fondateur de l’entreprise CFAST. À quel type de besoins répond votre outil ?

AB :
CFAST, c’est l’acronyme de « Commande et Facturation des Abonnements et des Services de Télécommunications ». La première partie, ça va être tout ce qui est commande, approvisionnement en services Internet, voix fixe, voix mobile, etc. Et on va avoir un deuxième aspect qui va être tourné autour de la facturation, donc la facturation des abonnements et des communications fixes et mobiles. Au fil du temps, nous avons ensuite ajouté différentes fonctionnalités pour permettre à l’outil d’être le système d’information de l’opérateur, à savoir des fiches détaillées sur les clients, des systèmes de ticketing, de gestion des incidents, de gestion de projet pour venir enrichir l’outil et aider l’opérateur à faire son travail.

PAG :
Au-delà de ça, on souhaite également permettre à l’opérateur de créer de la valeur ajoutée. Je m’explique. En un clic, avec notre logiciel, l’opérateur peut donner accès à son client final à un Extranet où ce dernier pourra analyser ses données, ses consommations, ses statistiques, récupérer ses documents, même accéder à des espaces d’aide en ligne. Donc, on est vraiment sur une relation client qui est apportée grâce à CFAST. Au-delà de ça, on a une fonctionnalité qui est plébiscitée, qui permet à un opérateur de devenir un wholesaler, c’est un revendeur télécom. Donc, il va pouvoir déployer des CFAST hiérarchisés pour mettre à disposition l’espace d’achat-revente automatisé. Et derrière, ses revendeurs seront structurés et pourront donner accès à leurs clients un Extranet, ils pourront les facturer, ils auront accès à toutes les fonctionnalités.

AB :
Nous développons également des API afin de pouvoir fournir des briques de notre savoir-faire à nos clients. Typiquement, les opérateurs n’ont pas attendu que nous existions avant de s’équiper en systèmes informatiques, en logiciels, etc. Et donc, l’idée, c’est de pouvoir récupérer un peu de notre savoir-faire, fournir un peu de notre savoir-faire et l’intégrer dans leur système existant.

LL :
Une des questions centrales reste la sécurité. Qu’est-ce que vous proposez pour ça ?

AB :
Alors, tout ce qui concerne la sécurité doit être abordé en deux parties. On va avoir une partie liée à l’hébergement, et donc, à la sécurisation des données, à la pérennité des données, à la pérennité de l’accès à l’outil, pour que l’outil soit en permanence accessible et que les opérateurs puissent travailler. Et donc, pour garantir ça, nous nous appuyons sur un data center dernier cri, enfin, toutes les normes de sécurité sont en place, aussi bien pour ce qui est des redondances de données que des redondances de machines pour, effectivement, garantir tous ces aspects-là. Le deuxième aspect niveau sécurité, ça va être de garantir les accès. À savoir qu’une personne qui peut visualiser une donnée a effectivement le droit de visualiser cette donnée ou de réaliser cette action. Pour garantir ça, c’est plus, effectivement, de l’ordre du développement de notre logiciel, de l’architecture que nous avons choisie, et nous mettons en place des cloisonnements entre les opérateurs, entre les utilisateurs, une authentification forte de l’utilisateur pour donner accès à des droits dans le logiciel… et on va garantir en permanence que l’utilisateur qui est authentifié a le droit de voir les informations qui lui sont proposées. On rencontre régulièrement des cas de bases de données et de mots de passe qui sont diffusés sur Internet. On en entend régulièrement parler. Les mots de passe ne peuvent pas être retrouvés, ne peuvent pas être lus. Même si quelqu’un accédait malencontreusement directement à la base de données, il est impossible par exemple de retrouver les mots de passe des utilisateurs.

LL :
Alors, les projets et perspectives pour l’avenir ?

AB :
Il va y avoir la disparition progressive du réseau commuté, et donc, ça, ça va forcément obliger les opérateurs à migrer vers des technologies IP que nous saurons supporter. Ensuite, il va y avoir l’arrivée de quelques nouveaux grands acteurs au niveau de la fibre optique, et ces acteurs vont avoir besoin ou envie d’être visibles et commandables via nos outils, donc, on va s’adapter à ces nouveautés. Et donc, à plus long terme, on va s’intéresser à l’Internet des objets. Et là, on va devoir certainement s’adapter et structurer nos bases de données différemment, parce qu’on va avoir affaire à une masse de données tellement conséquente. Il va falloir peut-être s’intéresser à tout ce qui est big data ou ce genre de choses.

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